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Douleurs abdominales, ballonnements, transit capricieux… Si vous souffrez du Syndrome de l’Intestin Irritable (SII), vous savez à quel point le parcours pour obtenir un diagnostic clair peut être frustrant. Souvent qualifié de trouble « fonctionnel », le SII laisse de nombreux patients dans l’attente d’une preuve tangible, d’un marqueur biologique qui dirait enfin : « Voilà ce que vous avez ».

Alors, peut-on vraiment diagnostiquer le côlon irritable par une simple prise de sang ? Et que disent les dernières études sur l’inflammation de bas grade ? Faisons le point.

Le diagnostic : Entre critères cliniques et exclusion

À ce jour, le diagnostic du SII repose principalement sur les critères de Rome IV. Il s’agit de critères cliniques basés sur la fréquence des douleurs et les changements de selles.

Cependant, avant de confirmer un SII, votre médecin doit écarter d’autres pistes, notamment les Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI) comme Crohn ou la rectocolite hémorragique. C’est ici que les analyses de sang et de selles entrent en jeu.

Les biomarqueurs à la loupe : ce que l’étude DOMINO nous apprend

Une étude récente de grande ampleur, baptisée DOMINO, a exploré l’utilité des marqueurs inflammatoires chez 445 patients suivis en médecine générale. Voici les points clés à retenir :

1. La Protéine C-Réactive (CRP)

La CRP est le marqueur classique de l’inflammation mesuré dans le sang.

  • Le constat : Bien que certains patients présentent des taux légèrement élevés, l’étude montre qu’il n’y a pas de corrélation directe entre le niveau de CRP et la sévérité de vos symptômes.
  • À noter : Les taux de CRP ont tendance à être plus bas chez les profils souffrant de constipation (SII-C) par rapport aux autres types de SII.

2. La Calprotectine Fécale

Utilisée pour différencier le SII des maladies inflammatoires, elle est mesurée dans les selles.

  • L’analyse : Environ 9% des patients SII présentent des niveaux anormaux. Si votre taux est élevé, des examens complémentaires (comme une endoscopie) sont souvent nécessaires pour ne pas passer à côté d’une pathologie organique.

3. Les nouveaux venus : HBD-2 et sIgA

L’étude a également scruté la Bêta-défensine 2 (HBD-2) et l’IgA sécrétoire (sIgA), liées à l’immunité de la muqueuse intestinale.

  • Bien que 20% des patients aient des taux de HBD-2 anormaux, ces marqueurs ne permettent pas encore de prédire si vous répondrez mieux à un traitement qu’à un autre.

L’impact de l’alimentation : Le pouvoir du régime FODMAP

L’un des résultats les plus encourageants de l’étude DOMINO concerne l’impact du mode de vie. Les chercheurs ont comparé un médicament antispasmodique classique (le bromure d’otilonium) à une application guidant les patients vers un régime pauvre en FODMAP.

  • Résultat : Le régime pauvre en FODMAPs s’est avéré supérieur pour améliorer les symptômes.
  • Effet « anti-inflammatoire » : Après 8 semaines de régime, on observe une diminution significative de certains marqueurs comme la calprotectine fécale et la HBD-2. Cela suggère que changer votre assiette pourrait réduire l’inflammation de bas grade de votre muqueuse intestinale.

Conclusion : Faut-il faire ces tests ?

Pour la pratique courante, il n’est pas recommandé de tester systématiquement tous ces biomarqueurs pour « évaluer » la gravité de votre côlon irritable.

Cependant, une prise de sang standard (NFS, CRP, sérologie de la maladie coeliaque) et un test de calprotectine fécale restent essentiels pour éliminer d’autres causes. Une fois ces pistes écartées, la priorité devrait être donnée à la gestion alimentaire, notamment via le régime pauvre en FODMAPs, qui montre des résultats concrets tant sur votre confort que sur la santé de votre barrière intestinale.

Note : Ces informations sont issues de recherches scientifiques récentes et ne remplacent pas une consultation médicale. Si vous souffrez de troubles digestifs, parlez-en à votre médecin ou à un professionnel de santé spécialisé.

Vers une vision globale du SII

En résumé, la science confirme ce que nous observons sur le terrain : les analyses de sang ne reflètent pas toute l’intensité de vos symptômes. Leur rôle est avant tout de rassurer en écartant d’autres maladies. Puisque la biologie ne peut pas tout expliquer, il est essentiel de privilégier une approche globale et personnalisée, centrée sur votre ressenti plutôt que sur un simple chiffre dans un laboratoire.

Référence

Tack C, Van den Houte K, Besard L, Capiau L, Ceulemans S, Gernay O, Maes S, Peetermans C, Raat W, Stubbe J, Van Boxstael R, Vandeput O, Van Steenbergen S, Gehesquière B, Raes J, Tack J, Carbone F. A study on the utility of inflammatory biomarkers in primary care irritable bowel syndrome: a sub analysis of the DOMINO randomized trial. BMC Gastroenterol. 2025 Dec 23. doi: 10.1186/s12876-025-04494-7

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