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La maladie de Crohn, une forme de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, peut poser de sérieux défis au quotidien. Dans cet article, découvrez de manière concise et claire les bases de cette maladie : de ses origines auto-immunes à ses symptômes variés. Plongez dans l’univers complexe de la maladie de Crohn pour mieux comprendre ses implications et les approches de prise en charge.

I. Comment définir la maladie de Crohn

1. Une pathologie inflammatoire

La maladie de Crohn est une forme de maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI) qui peut affecter n’importe quelle partie du tube digestif, de la bouche à l’anus, le plus souvent au niveau de l’intestin. Elle se caractérise par une inflammation persistante et peut entraîner des complications graves à long terme.

La maladie de Crohn se caractérise par des périodes de poussées variables en durée, entrecoupées de périodes de rémission. Les poussées se manifestent par des diarrhées aiguës parfois sanguinolentes, des crampes abdominales et des douleurs de intensités diverses. Les phases de rémission varient également en termes de durée.

Cette maladie est hautement imprévisible et extrêmement invalidante. L’inflammation chronique entraîne un épaississement de la paroi intestinale, pouvant conduire à la formation de sténoses, de fistules ou de fissures, ce qui a un impact majeur sur la qualité de vie des personnes atteintes.

2. Des origines auto-immunes

On pense que la maladie de Crohn est le résultat d’une réaction anormale du système immunitaire qui attaque les propres tissus du système digestif.

II. Les causes de la maladie

Les facteurs exacts déclenchant cette réaction ne sont pas entièrement identifiés. Lors d’une consultation en naturopathie, un questionnaire approfondi me permettra d’identifier les divers facteurs en jeu et de personnaliser mes recommandations en conséquence.

1. Des facteurs génétiques

La présence de cas de la maladie de Crohn dans la famille pourrait augmenter le risque de développer cette affection. Ce serait le cas pour 10 % à 25 % des personnes atteintes.

Bien que la maladie de Crohn ne soit pas une maladie entièrement génétique, certains gènes peuvent augmenter les risques d’en être atteint. Récemment, des chercheurs ont identifié plusieurs gènes de susceptibilité capable de multiplier par quatre ou cinq le risque de développer la maladie. Ce gène est impliqué dans le système de défense de l’organisme.

Cependant, d’autres éléments sont nécessaires pour déclencher la maladie. Comme c’est le cas pour de nombreuses affections, il semble qu’une prédisposition génétique combinée à des facteurs environnementaux ou liés au mode de vie soit nécessaire pour déclencher la maladie.

2. Des facteurs environnementaux

On observe une prévalence plus élevée de la maladie de Crohn dans les pays industrialisés, avec une tendance à la hausse depuis les années 1950. Ceci suggère que des facteurs environnementaux, vraisemblablement liés au mode de vie occidental, pourraient jouer un rôle crucial dans le déclenchement de la maladie (les polluants, une alimentation déséquilibrée, le stress, trop d’hygiène etc.). Cependant, aucun facteur spécifique n’a été formellement identifié jusqu’à présent.

Plusieurs pistes sont explorées. L’exposition à certains antibiotiques, notamment de la classe des tétracyclines, est considérée comme un facteur de risque potentiel. Les fumeurs présentent un risque accru de développer la maladie, tandis que les individus sédentaires sont plus susceptibles d’être affectés que les personnes physiquement actives.

Bien qu’il n’existe pas de preuve absolue, une alimentation pro-inflammatoire, riche en mauvaises graisses (acides gras saturés), en viande et en sucre pourrait augmenter le risque. Les chercheurs se concentrent également sur le possible rôle d’une infection virale ou bactérienne, telle que salmonella ou campylobacter, dans le déclenchement de la maladie.

D’autre part, certains éléments semblent offrir une protection. Une alimentation riche en fibres et en fruits, le contact avec des chats ou des animaux de ferme avant l’âge d’un an, une appendicectomie, ainsi que des antécédents de gastro-entérite ou d’infections respiratoires semblent avoir un effet protecteur. Aucune association n’a été établie entre le vaccin RRO (rougeole-rubéole-oreillons) et la maladie de Crohn.

3. La qualité du microbiote

Des études récentes suggèrent que des déséquilibres dans la flore intestinale, notamment des altérations dans la composition des Firmicutes, pourraient jouer un rôle crucial en contribuant à l’inflammation caractéristique de la maladie de Crohn. Les Firmicutes, en particulier certains genres comme les Clostridia, sont impliqués dans la régulation de l’inflammation et de l’homéostasie intestinale. Des niveaux réduits de certains genres de Firmicutes, associés à une diminution de la diversité bactérienne, ont été observés chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn, suggérant un lien potentiel avec la pathogenèse de la maladie.

Par ailleurs, certaines souches de Escherichia coli et de Fusobacterium nucleatum ont également été identifiées comme jouant un rôle dans les déséquilibres de la flore intestinale associés à la maladie de Crohn. Ces organismes pourraient interagir de manière anormale avec le système immunitaire, déclenchant des réponses inflammatoires inappropriées et contribuant ainsi à l’inflammation observée dans la maladie. Les interactions complexes entre ces bactéries pathogènes et bénéfiques dans l’intestin continuent d’être étudiées pour mieux comprendre leur impact sur le développement et la progression de la maladie de Crohn.

III. Les symptômes de la maladie

Les symptômes de la maladie de Crohn varient d’une personne à l’autre mais peuvent inclure :

Symptômes principaux

  • Douleurs et crampes abdominales fréquentes, qui s’accentuent après les repas ;
  • Diarrhée chronique (qui dure plus de 2 semaines) qui peuvent être sanguinolentes, liquides et abondantes, accompagnées de glaires et de douleurs anales ;
  • Fatigue et un malaise général ;
  • Faible appétit et une perte de poids, même avec un régime alimentaire équilibré.

Autres symptômes de la maladie de Crohn

  • Nausées et des vomissements ;
  • Légère fièvre (de 38 ºC à 40 ºC) ;
  • Douleurs aux articulations.

Complications possibles

  • Obstruction du tube digestif. L’inflammation chronique peut entraîner un épaississement de la paroi du tube digestif, pouvant conduire à un blocage partiel ou total du tube digestif. Cela peut entraîner des ballonnements, de la constipation, voire des vomissements de matières fécales. Une hospitalisation d’urgence peut être nécessaire pour éviter une perforation de l’intestin ;
  • Anémie suite à la fuite de minéraux comme le fer, le magnésium ou de vitamines comme la B9 et la B12 ;
  • Déshydratation entrainant des lésions cutanées comme des aphtes, des érythèmes noueux ou des ulcères buccaux mais également des inflammations oculaires de l’iris ou des sclérotites. Elle peut aussi occasionner des rhumatismes articulaires, arthrite, spondylarthrite.
  • Ulcères dans la paroi du tube digestif ;
  • Plaies autour de l’anus (des fistules, des fissures profondes ou des abcès chroniques) ;
  • Hémorragies du tube digestif, rares mais parfois graves ;

Les personnes atteintes de la maladie de Crohn au côlon ont un risque légèrement accru d’être victimes d’un cancer du côlon, surtout après plusieurs années de maladie, et même si elles sont en traitement. Il est donc conseillé de subir un dépistage précoce et régulier du cancer du côlon.

IV. Prise en charge conventionnelle de la maladie

Les traitements conventionnels de la maladie de Crohn visent à contrôler l’inflammation, soulager les symptômes et prévenir les poussées.

Les traitements allopathiques de la maladie de Crohn visent à contrôler l’inflammation intestinale et à atténuer les symptômes. En cas de crise, les anti-inflammatoires sont souvent prescrits en première ligne, tels que les aminosalicylates comme la mésalazine administrée par voie orale, rectale ou par lavement. Les effets secondaires les plus courants sont les nausées, les vomissements et les maux de tête.

Si ces traitements ne suffisent pas, des anti-inflammatoires plus puissants tels que les corticostéroïdes oraux comme la prednisone peuvent être utilisés, bien que leur utilisation à long terme puisse entraîner des effets secondaires indésirables (prise de poids, acné, pilosité accrue, troubles de l’humeur, insomnie etc.).

Pour maintenir la rémission et favoriser la guérison des fistules, des immunomodulateurs tels que l’azathioprine et le méthotrexate sont souvent prescrits. Les biothérapies, telles que l’infliximab et l’adalimumab, ciblent spécifiquement le facteur de nécrose tumorale (TNF) pour contrôler l’inflammation. Ces médicaments sont généralement réservés aux cas modérés à graves ou lorsque les traitements précédents se sont révélés inefficaces.

En cas d’aggravation soudaine des symptômes dus à une infection intestinale, des antibiotiques peuvent être nécessaires pour traiter l’infection, les abcès ou les plaies anales. Pour gérer la diarrhée, des antidiarrhéiques comme le psyllium peuvent être recommandés, bien que leur utilisation nécessite une supervision médicale en raison des complications potentielles. Des suppléments de fer peuvent être prescrits en cas d’anémie, et des analgésiques comme l’acétaminophène peuvent aider à soulager les douleurs abdominales.

Il est crucial d’éviter les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l’ibuprofène, car ils peuvent aggraver les symptômes de la maladie de Crohn.

V. Approche complémentaire (naturopathie)

1. L’alimentation

En période de rémission, une alimentation équilibrée riche en fibres, en fruits et légumes peut être bénéfique. Pendant les poussées, une alimentation douce et facile à digérer peut aider à soulager les symptômes.

Suivant les troubles, avec présence ou non d’un traitement médical, le naturopathe pourra proposer une alimentation adaptée et personnalisée aux profils.

Pour en savoir plus sur l’accompagnement nutritionnel et micronutritionnel en cas de maladie de Crohn, je vous recommande cet article détaillé.

2. L’exercice physique

Il est crucial pour améliorer la santé digestive et réduire le stress, cependant, il doit être ajusté en fonction des phases de rémission et de poussées. Les périodes d’aggravation peuvent entraîner de la fatigue et nécessiter une réduction, voire une interruption temporaire de l’activité physique. De plus, les exercices physiques intenses ont tendance à accélérer le transit et l’inflammation, et doivent donc être évités pendant ces périodes.

3. Gérer son stress

L’effet du stress sur la maladie de Crohn reste largement méconnu, mais il semble qu’il puisse contribuer aux rechutes. Cultiver la sérénité, gérer efficacement le stress et les émotions peut aider à mieux contrôler la douleur et à améliorer la digestion. Chacun est encouragé à trouver la méthode qui lui convient le mieux. Tout moyen favorisant la relaxation et la détente est bénéfique. Parmi ces techniques, on peut mentionner la cohérence cardiaque, le yoga et la méditation comme des approches utiles.

4. Options naturelles

Il est important de noter qu’il existe de nombreuses options naturels pour accompagner la maladie de Crohn. Cependant, chaque personne réagit différemment et certaines plantes peuvent avoir des effets indésirables ou interagir avec d’autres substances. Il est donc essentiel de consulter un professionnel avant d’essayer ces différentes options.

Par exemple, des plantes comme la réglisse, le curcuma et la mélisse peuvent aider à réparer la muqueuse intestinale. L’intégration de glutamine contribuera à rétablir les jonctions serrées de la muqueuse intestinale.

Les probiotiques pourront également être utiles pour équilibrer les bonnes bactéries dans l’intestin. L’utilisation de prébiotiques pourra être envisager en dehors des périodes de poussées.

Certains champignons comme le shiitake et le reishi pourront renforcer le système immunitaire et aider à la reconstruction de la muqueuse intestinale.

La camomille allemande est réputée pour son efficacité dans le soulagement des troubles digestifs, tandis que la boswellia, reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires puissantes, peut apporter un soulagement.

Des recherches en cours se penchent sur l’efficacité combinée du resvératrol et du bêta-carotène, connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, dans le traitement de la maladie de Crohn.


Pour mieux vivre avec les MICI, n’hésitez pas à prendre RDV en naturopathie, en complément d’un suivi médical conventionnel.

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